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Dans cette interview réalisée par SPF, je partage mon parcours photographique.
Pascal Lacroix, un passionné de la photographie de rue et membre éminent de Street Photography France, nous ouvre les portes de son monde artistique. Son portfolio en noir et blanc nous transporte dans les rues animées et captivantes, où il saisit avec habileté des moments fugaces empreints de beauté et d’humour. À travers son regard aiguisé, il parvient à donner une dimension humoristique à ces instants qui illuminent la vie urbaine. Dans cette interview, Pascal partage sa démarche artistique, les moments spontanés qui ont abouti à des photos mémorables et comment sa participation au collectif SPF a influencé son développement créatif. Il révèle également son choix du noir et blanc comme moyen puissant pour exprimer l’émotion et la géométrie dans ses compositions. Joignez-vous à nous pour découvrir comment Pascal Lacroix explore les rues avec son appareil photo pour capturer des histoires éloquentes et insuffler de l’humour dans chaque coin de rue.

SPF : Votre portfolio en noir et blanc capture des moments de la vie urbaine avec une touche distincte de beauté et d’humour. Comment parvenez-vous à saisir ces instants fugaces et à y ajouter une dimension humoristique ?
Pascal : Vous avez visé juste, j’aime effectivement beaucoup les images où l’humour est présent, mais je n’ai aucune technique hormis celle d’avoir toujours un œil attentif à une situation drôle, inattendue ou étonnante. Pour cela, un grand photographe humaniste et humoristique m’inspire beaucoup, René Maltête. Ses images sont extraordinaires. Concernant la beauté, je ne sais pas si on peut aller jusque-là, mais j’avoue que lorsque dans le cadre de l’image, s’ajoute un peu de géométrie, de lignes, c’est à dire qu’une ambiance graphique se crée, je suis aux anges.
SPF : La photographie de rue peut être à la fois stimulante et imprévisible. Pouvez-vous partager une expérience où la spontanéité a conduit à la création d’une photo mémorable ?
Pascal : En toute humilité, je ne sais pas si j’ai déjà réalisé une photo mémorable, mais ce qui me vient à l’esprit, c’est le souvenir de ce joaillier sur le Ponte Vecchio à Florence. Son style et son élégance m’avait interpellé, et alors que je m’apprêtais à le photographier en saisissant mon boîtier pour fixer ce gardien du Temple, malgré qu’il me semblait manquer quelque chose dans le cadre de l’image, son visage s’illuminât au passage d’une jeune femme. Il venait probablement de repérer une perle rare ! A mon sens, cette apparition donna un nouveau sens à la scène, ferma et équilibra l’image.
SPF : En tant que membre de Street Photography France, comment cette communauté a-t-elle influencé votre développement artistique et comment avez-vous trouvé votre voix unique au sein de ce collectif ?
Pascal : C’est prématuré d’évoquer une influence de la communauté de SPF sur mes images, mais ce que je peux dire, c’est que c’est en découvrant les superbes photographies d’Olivier Avez sur Instagram, son parcours et son adhésion à SPF, que je me suis dit que je serai heureux de partager ma passion de la street photography Humaniste avec tous ces photographes, de cette belle communauté SPF, dont l’éthique et la philosophie semblaient me correspondre.
SPF : Le noir et blanc est un choix artistique puissant. Comment décidez-vous quelles images auront le plus d’impact en étant présentées dans ce format ?
Pascal : Effectivement, ma pratique photographique depuis plus de quarante ans est exclusivement en noir et blanc, avec une culture photographique classique de photographes Humanistes, Willy Ronis, Edouard Boubat, Sabine Weiss, Henri Cartier-Bresson, Robert Doisneau, Marc Riboud, Gianni Berengo Gardin et bien d’autres…et mes années de labo argentique ont évolué depuis plus de 10 ans vers un traitement numérique. Je recherche une émotion, aussi banal soit-elle, tendresse, ironie, avec un regard bienveillant sur le genre humain. Des enfants qui s’amusent, des personnes qui marchent, un chien allongé…avec des lignes, des courbes, de la symétrie, des contrastes, des noirs profonds, une histoire, un instant et beaucoup de sentiments ! J’aime dire qu’une photographie noir et blanc est une « abstraction du réel ».
SPF : Certaines de vos photos capturent des moments humoristiques dans la rue. Comment choisissez-vous ces moments et quel rôle joue l’humour dans votre approche de la photographie de rue ?
Pascal : Comme je l’ai évoqué précédemment, je recherche une émotion et je photographie avec le cœur. Mais je ne retiens que les images ou l’humour est bienveillant, car je n’aime pas les photographies qui pourraient mettre mal à l’aise.
SPF : L’exposition de vos photos à de nombreuses reprises est une réalisation impressionnante. Comment sélectionnez-vous les images pour une exposition et quelles sont les émotions que vous espérez susciter chez les visiteurs ?
Pascal : Pour être honnête, c’est ma première exposition et j’ai sélectionné un thème en lien avec le lieu où j’expose, et j’ai fait mon editing en fonction de celui-ci. Je recherche la même émotion chez les visiteurs que celle que j’ai devant une photographie que j’aime, « Une photographie qui exalte ma vision du monde ».
SPF : La rue est un espace dynamique avec des personnages et des scènes en constante évolution. Comment parvenez-vous à créer des images qui racontent des histoires captivantes malgré cet environnement en perpétuel changement ?
Pascal : C’est parce que la rue est en perpétuel changement que je laisse beaucoup de place au hasard dans les scènes que je capte. En effet, lorsque je commence à voir ou à ressentir quelque chose, je commence à viser, parfois à attendre quelques secondes pour que quelque chose se passe, et souvent la magie opère, alors je déclenche !
SPF : La photographie de rue peut être perçue comme une forme d’observation sociale. Y a-t-il des moments où vous avez réussi à saisir des détails subtils qui reflètent des aspects plus profonds de la société ?
Pascal : Il est vrai que je photographie beaucoup la condition humaine, et je dois dire que mes images de la période Covid, ainsi que celles des manifestations récentes pour les retraites ont un aspect plus sociétal, avec toujours une petite recherche esthétique ou parfois humoristique.
SPF : La recherche de la composition parfaite est un défi constant en photographie. Comment équilibrez-vous l’instinct du moment avec la recherche d’une composition artistique ?
Pascal : Comme beaucoup de photographes j’observe beaucoup lors de mes déambulations, et je photographie à l’instinct, en fonction de ce que je ressens visuellement et émotionnellement. Lorsque je commence à ressentir une scène susceptible de susciter de l’émotion, je saisi mon boîtier et photographie assez rapidement en espérant que la composition attendue soit captée.
SPF : L’inspiration peut provenir de diverses sources. Quels sont les éléments de la vie quotidienne qui vous motivent à prendre votre appareil photo et à explorer les rues ?
Pascal : Dans la rue ou ailleurs, le spectacle de mon point de vue est permanent, et tout est prétexte à photographier. De ce fait, il m’est difficile de sortir sans mon boîtier. Je ne sais pas vous l’expliquer, mais faire des images est un besoin presque vital. Je n’ai pas besoin d’être motivé !
SPF : Pouvez-vous partager une anecdote sur une photo en particulier qui a capturé l’essence de la vie urbaine tout en incorporant un élément inattendu ?
Pascal : Difficile d’identifier une photo en particulier, mais je pourrais peut-être évoquer l’image d’un immeuble en briques rouges, caractéristique d’un quartier de Rouen que je souhaitais immortaliser en période de confinement Covid, avec le manque de liberté qui en découlait. Au moment de la prise de vue un goéland est venu s’immiscer dans le cadre. Un petit clin d’œil à notre prison virtuelle, qui s’opposait à l’aire de jeu sans limite de ce goéland argenté. Le fameux « Punctum » de Roland Barthes.
SPF : Au-delà de l’aspect visuel, les photos peuvent également susciter des émotions chez les spectateurs. Quelles émotions espérez-vous susciter chez ceux qui regardent vos photos, en particulier celles avec une touche d’humour ?
Pascal : J’aime les images qui peuvent raconter une histoire, avec des situations insolites de notre vie quotidienne, drôles, poétiques et tendres. Si celles-ci peuvent donner quelques moments de joie, de plaisir, de bonheur, et pourquoi pas de réflexion, je suis un photographe comblé !
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